Ce matin j’ai pu assister à la présentation du référentiel Useo, un outils de classification des solutions de collaboration de type Entreprise 2.0. Pour être plus précis, il s’agissait de la présentation de la seconde édition d’une étude sur les réseaux sociaux d’entreprise servant de base à la création d’un référentiel public (cf. leurs publications). Ce référentiel n’est pas pour vocation d’être finalisé : 23 solutions y sont répertoriées et une dizaine d’autres sont en cours d’étude. Ont retrouve dans cette liste des habitués (Bluekiwi, SocialText, Xwiki, Jive…) mais aussi des acteurs issus de la gestion de contenus et documents (eRoom, eZpublish, Jahia, Jalios, Joomla, Typo3) ainsi que les poids lourds (Sharepoint, Lotus Connections).
Arnaud Rayrole était donc aux manettes faces à une sélection de blogueurs et journalistes pour présenter l’étude et ses conclusions :

Arnaud Rayrole et la matrice Useo
Voici les points-clés retenus lors de cette présentation :
- L’usage le plus répandu en entreprise est la collaboration douce (informelle) ;
- La liste des solutions estampillées “2.0″ s’allonge tous les ans avec de gros nouveaux entrants comme SAP ou Cisco ;
- 5 familles d’usages principaux ont été identifiées :

5 familles d'usages principaux
- Toutes les solutions couvrent plus ou moins les mêmes besoins mais les fonctionnalités sont mises en scène différemment ;
- Les solutions étudiées proposent des niveau de maturité différents (cf. Seemy qui fait office de “petit dernier” malgré sa prochaine V.3) :

Maturité des solutions étudiées
- Une grosse partie des solutions est encore centrée sur les documents ;
- Beaucoup de solutions ne sont qu’un agrégat de fonctionnalités pas forcément bien intégrées ;
- Les outils peuvent être représentés au sein d’une matrice des potentiels sociaux (différentes du magic quadrant de Gartner car l’objectif n’est pas forcément de se retrouver en haut à droite) :

Matrice des potentiels sociaux
- L’intérêt de l’étude n’est pas de ressortir un classement mais plutôt de bien positionner les différentes solutions selon leur approche ;
Vous noterez dans cette matrice les références à des solutions de social networking comme Ning ou Elgg (qui ne sont pas forcément dédiées à des usages internes) ainsi que l’absence de Confluence ou Mindtouch.
Suite à cette présentation nous avons eu l’opportunité de débattre et surtout de refaire le monde (de l’entreprise 2.0) :
- Les deux gros enjeux du conversationnel en entreprise sont de développer la collaboration douce et d’accélérer le partage de l’information ;
- Les outils bien conçus / packagés apporte le gros avantage de pouvoir faciliter l’appropriation et de convertir en masse des collaborateurs rétifs à l’apprentissage de nouveaux outils (plus ils sont simples / intégrés et plus l’adoption se fait en douceur) ;
- Nous sommes au devant de nombreuses années de turbulence avec l’intégration de ces outils (et donc de la couche sociale qui va avec) dans le cycle de vie des documents et le S.I. ;
- Pour atteindre rapidement la taille critique d’utilisateurs, une démarche “2.0″ doit s’appliquer aux niveaux les plus bas du fonctionnement de l’entreprise (processus métiers et applications critiques) sinon elles ne concernent que des initiatives conversationnelles qui ne fédèrent que les collaborateurs les plus impliqués dans la vie et l’évolution de l’entreprise (une minorité).
Tout ceci n’est que le résumé d’une matière très riche, je vous invite donc fortement à télécharger l’étude et à rejoindre le référentiel pour bénéficier des fiches descriptives des solutions.
Pour bien préparer votre rentrée 2009 (et des éventuels projets en 2010) je vous propose de découvrir le très bon article de synthèse de Dion Hinchcliffe : Assessing the Enterprise 2.0 marketplace in 2009: Robust and crowded. L’auteur nous y présente une cartographie des outils et solutions relative à l’Entreprise 2.0. Cette cartographie fait suite à une précédente version publiée l’année dernière :

Cartographie 2008 des outils d'Entreprise 2.0
Comme vous pouvez le constater, la cartographie de 2009 est beaucoup plus dense :

Cartographie 2009 des outils d'Entreprise 2.0
Cette cartographie des outils du marché est divisée en trois sections :
- La partie bleue qui regroupe les outils d’acteurs traditionnels des solutions d’entreprise auxquelles ont été ajouté une couche de collaboration (IBM, Microsoft…) ;
- La partie rouge qui regroupe les outils open source avec des capacités d’intégration au sein de gros systèmes d’information d’entreprise (Drupal…) ;
- La partie verte qui regroupe les nouveaux acteurs qui intègrent nativement des fonctions collaboratives et des connecteurs vers les S.I. (SocialText, Jive, Mindtouch…).
Une cartographie très intéressante et fort complète mais qui a fait l‘impasse sur deux acteurs français de taille : blueKiwi et XWiki. Le premier serait à ajouter à la partie verte et le second à la rouge (quoi que… ils préparent une V.2 pour ce mois qui va changer beaucoup de chose). Quel dommage, je me demande bine pourquoi l’auteur ne les a pas mentionnés, je doute fortement qu’il ne les connaisse pas…
Bon en tout cas cela n’enlève en rien la qualité de l’analyse dont voici les points-clés :
- Tous les gros éditeurs proposent maintenant un outil ou une suite dans la catégorie “E 2.0″ ;
- Plus de 70 produits sont répertoriés dans cette liste ;
- Ces applications ne sont pas forcément interchangeables, ne vous imaginez donc pas faire votre marché ;
- De nombreux acteurs de la gestion de contenu se sont “reconvertis” en éditeurs de solutions de collaboration ;
- Il y a encore de nombreuses places à prendre.
Est-il utile de préciser que les outils ne font pas tout et qu’un projet d’E 2.0 est voué à l’échec si l’on se contente de choisir un outil sans se préoccuper / préparer les changements organisationnels / sociaux que cela implique ? Non pas ici, mais dans un prochain billet (histoire de traiter ce point une bonne fois pour toute).
Je n’ai pas grand chose à ajouter par rapport à cette cartographie ni sur l’analyse. J’anticipe par contre un retour en force des deux mastodontes que sont IBM et Microsoft pour l’année 2010 : Microsoft avec la version 2010 de SharePoint qui va semble-t-il apporter beaucoup de nouveautés (attendons de voir) et IBM qui dispose d’un très grand nombre de solutions en phase alpha ou beta qui ne demandent qu’à être lancée sur le marché.
Bref, l’année 2010 va être une année de très forte croissance, et peut-être même de concentration…
Voilà, la grande messe annuelle de l’Entreprise 2.0 à Boston s’est achevée en fin de semaine dernière (comme Michael J.) et il est largement temps de faire un premier résumé des comptes-rendus et impressions de personnes ayant eu la chance d’y participer :
Voici les points clés et mes commentaires :
- L’Entreprise 2.0 est encore vu par certains comme un phénomène de mode (étrange, le nom va peut-être passer mais les pratiques resteront, du moins j’en suis persuadé) ;
- Microsoft possèdent encore (et toujours) une force de frappe terrifiante avec la suite SharePoint vis à vis d’éditeurs beaucoup plus petits (effectivement, je rencontre régulièrement des clients avec une licence SharePoint qu’ils sont obligés d’utiliser – “The reality is no one got fired for buying Microsoft“) ;
- IBM reste dans l’ombre (quel dommage car il y a un potentiel gigantesque derrière Lotus Live mais ils ne savent pas bien le mettre en valeur, du moins en France – cf. IBM lance une plateforme sociale de collaboration en ligne) ;
- Les tableaux de bord sont à la mode (tous les éditeurs propose leur solution de personalized dashboard car ils sont à la fois utiles, sexy et très vendeurs – cf. Vive les tableaux de bord en ligne !) ;
- Le microblog est partout, visiblement tout le monde y est allez de sa petite démonstration et de son éloge sur Twitter (je suis plus que sceptique car les pratiques de micro-blogging sont plus qu’anecdotiques en France et parce qu’elles requiert une masse critique avant d’être vraiment intéressantes) ;
- Les outils ne sont pas un objectif mais un moyen, implémanter des blogs ou wikis internes ne suffira pas à faire naître une dynamique de collaboration active, il faut faire évoluer les mentalités et les habitudes de travail en meêm temps :
- Il y a de très fortes opportunités à saisir dans les applications mobile, ceci est d’autant plus vrai avec le déploiment massif de smartphones.
L’emballement généralisé autour de Twitter ne me surprend qu’à moitié mais me laisse perplexe. J’y vois plus pour les éditeurs un moyen de ne pas paraître largués (surtout vis à vis du rapport très particulier des blogueurs / leaders d’opinion avec Twitter) que d’une réelle réflexion à long terme. Je pratique Twitter depuis plus de 2 ans et je suis intimement persuadé que déployer une solution de microblog en entreprise sans un minimum de pédagogie est un projet voué à l’échec. D’autant plus qu’il y a des chantiers bien plus intéressants à mener (se libérer de l’emprise des fichiers, déployer un réseau social interne…) plutôt que s’embarquer dans cette utopie de Real-Time Enterprise. Utopie ? Oui tout à fait : je rencontre au quotidien bon nombre d’entreprise confrontées à d’énormes réticences vis à vis du partage entre collaborateurs, alors de là à faire du partage en temps réel… De plus, avant de faire de la veille en temps réelle, il faut d’abord savoir faire une veille traditionnelle efficace (et notamment mettre ne place l’organisation qui va agréger / digérer / traduire et transformer cette masse d’informations en alignements de la stratégie de l’entreprise).
Pour en revenir à cette conférence, je suis enfin très étonné de na pas avoir lu de mentions de Google Wave, peut-être le marché est-il encore en attente de tester la bête avant de se prononcer… Il faut dire que les accès à la version pré-alpha sont plus que dures à trouver.
Dans le cadre de mon travail d’analyse du monde de l’entreprise 2.0 et de son écosystème, je m’intéresse particulièrement à la place de l’individu et à ses interactions avec tous les outils 2.0 qui sont à sa disposition en tant que simple internaute ou en tant que collaborateur.
Ainsi je vous propose ici une cartographie de ces outils en fonction des critères Public/Privé et Perso/pro.

Explications
- En bas, le domaine privé. En haut le domaine public
- A gauche, ce qui touche à ma vie perso, à droite ce qui touche à ma vie professionnelle.
- En haut à droite, c’est tout ce qui est en rapport avec la représentation public de l’entreprise, la marque en quelque sorte
- En haut à gauche, c’est tout ce qui touche à ma vie perso publique, ma représentation publique, ma réputation en ligne
- En bas à gauche, c’est ma sphère privée/intime.
- En bas à droite, c’est mon entreprise et sa sphère privée tenue par des règles de confidentialités.
- Un réseau social universel type FACEBOOK est relativement “ouvert” donc un peu public. Il me permet de communiquer essentiellement avec mes amis et mon réseau professionnel
- Un réseau social pro type VIADEO ou LINKEDIN me permet lui d’entrer en contact avec des prospects et de parfaire mon réseau professionnel.
- Les outils collaboratifs de travail sont fermés (donc privés) et me permettent de travailler avec mon équipe et mes clients
- Mon blog perso est par définition public et éloigné de la problématique professionnelle de mon entreprise, mais indirectement son rayonnement participe à celui de mon entreprise et peut donc s’approcher de prospects.
- (…)
Cette cartographie est loin d’être complète et a ses limites. Toutes vos remarques sont les bienvenues.
UPDATE du 02/03/2009
Suite à vos commentaires, voici une nouvelle version du graphique qui se veut plus lisible :

Je ne sais pas s’ils se sont concertés, en tout cas les éditeurs de solutions liées aux pratiques d’Entreprise 2.0 mettent les bouchées doubles pour sortir des nouvelles versions et toujours plus de richesse :
Visiblement la page d’accueil personnalisable est un must des intranets 2.0 ! Plus qu’une page d’accueil, je préfèrerais l’appeler tableau de bord car cette page pourrait servir à agréger beaucoup plus que des flux RSS : des widgets d’applications métier, des modules sociaux… Notons au passage que BlueKiwi (un autre acteur français) n’adoptent pas ce principe et reste fidèle à sa structure plus proche d’un blog :

Si vous connaissez d’autres solutions, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.
/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.