Adobe Genesis = Le PDF reader de la collaboration ?

C’est dans indifférence la plus totale qu’Adobe a officialisé la semaine dernière son projet Genesis. Présenté comme une outil de mashup collaboratif, je le décrirait plus comme un lecteur universel de documents avec une couche de collaboration et de communication : Code Name Genesis – The Future of the Enterprise Desktop. L’objectif étant de facilité la collaboration à distance et de réduire le nombre de réunions.

La proposition de valeur est la suivante : Les collaborateurs installent le ‘player‘ Genesis et accèdent à un espace de collaboration en ligne, cet espace est défini par un template (à choisir dans une liste) et par les nombre de données représentées (documents, sites web, fenêtre de chat et de visio-conférence…). Lire à ce sujet : Adobe readying new mashup tool for business users.

Il y a également un volet ‘Manager‘ qui permet de configurer les différents espaces de travail et de gérer les droits d’accès et les permissions :

Plus d’infos ici : Aperçu de Adobe Genesis.

Genesis = Connect 2.0 ?

Donc dans les faits, nous pouvons considérer ce projet comme le successeur officieux de Connect qui propose sensiblement la même chose mais en Flash (espaces de collaboration en ligne). La grande nouveauté vient de l’utilisation de la technologie AIR pour réaliser le player. Ce dernier sera donc facile à déployer et à maintenir, mais surtout permettra d’accéder aux ressources stockées sur le disque dur des collaborateurs (chose que Flash -ni aucun navigateur- ne peut faire).

De plus, cette offre sera dans un premier temps proposé en mode SaaS (via les infrastructure d’Adobe) mais pourra dans un second temps être internalisée (en ayant recours à un serveur hébergé dans le domaine de confiance du S.I. de l’entreprise).

Nous avons donc au final une très belle solution en ligne de collaboration en temps réel. Très pratique pour ne pas avoir à se dépatouiller des différentes versions de documents / logiciels et pour essayer d’optimiser le temps des collaborateurs (moins de réunions “physiques”).

Le wiki comme format universel de la collaboration en ligne ?

En poussant la réflexion un peu plus loin nous sommes en droit de nous demander si finalement la clé de tout ceci serait de s’affranchir des formats bureautiques (Word, Excel, Powerpoint…) et au final des fichiers. Même si Genesis apporte une solution intéressante pour réduire la dépendance aux outils bureautiques traditionnels (mail, office…), je ne peux m’empêcher de considérer cette offre comme une solution de transition vers des outils / pratiques réellement plus légères comme les intranets wikifiés. En ce sens, le Mashup Center d’IBM propose une approche moins centrée sur les fichiers et plus sur les mashup d’où le nom du produit).

Difficile pour le moment d’évaluer quel va être le coût de cette offre mais tant qu’à bouleverser les habitudes et imposer un nouvel outil, autant voir les choses en grand et extraire la connaissance et les données des fichiers pour les ré-injecter dans des wikis. Résultat : plus aucun problème de déploiement, de gestion des versions, de compatibilité…

Mais revenons les pieds sur Terre : les fichiers et formats bureautiques sont encore très largement répandus et il faudra bien une génération pour s’en débarrasser. Espérons que la génération Z nous aidera à accélérer la manœuvre.

IBM lance son outil de mashup d’entreprise

Après plusieurs mois (années ?) d’expérimentation, IBM vient d’annoncer la disponibilité de son outil de mashup d’entreprise : IBM Mashup Center.

L’objectif de cet outil est de permettre aux employés de créer leur propre mini-application au travers d’un éditeur en ligne : ils sélectionnent une ou des sources d’information, ils y appliquent des filtres et des traitements puis ils définissent un format de sortie. Voilà, c’est aussi simple que ça, une sorte de Yahoo! Pipes pour l’entreprise. Il s’agira visiblement d’une offre hébergée. Pour plus d’infos, voir le communiqué de presse : Mashups Go Mainstream: IBM Launches Industry’s First Mashup Portfolio for Business.

D’après Forrester, la marché des mashup d’entreprise représentera 700 millions de $ de dollars en 2013. Tout le monde se moque complètement de ces statistiques farfelues, il n’empêche que les premiers clients sont déjà là (notamment Boeing et Carrefour, pas des moindres).

Même s’il existait déjà des expérimentations très intéressantes chez IBM (notamment DAMIA), la disponibilité prochaine de cette offre risque de bouleverser le marché (les américains appellent ça la mashosphere) et les acteurs déjà présents comme JackBe. Entendons-nous bien, il s’agit là d’outils de mashup d’entreprise, pas de PaaS, plus puissant, mais bien plus complexe.

L’objectif poursuivit est de donner plus de souplesse aux utilisateurs pour qu’ils exploitent mieux les informations et données présentes dans leur entreprise, pas pour qu’ils se composent leur propre système d’information.

Reste maintenant à IBM de propose une solution fiable de portail personnel personnalisable, car ce n’est pas le tout de remixer des flux de donnés, il faut aussi les lire et les agréger (au sein de portails d’entreprise comme Netvibes, Portaneo ou PersonAll).

IBM est décidément un acteur de pointe dans le domaine de l’E2.0, quel dommage par contre que son offre soit aussi dispersée : Lotus Connections, Lotus QuickR et tous les outils en beta test (Mashup Startup Kit). Peut-être faudrait-il penser à adopter une approche plus lisible pour bien évangéliser le marché ?

(via InfoWorld)