L’entreprise 2.0 est un Open Space
Savez-vous que le concept d’aménagement de bureau en Open Space (à ne pas confondre avec l’Open Space Technology) n’est pas apparu à l’occasion d’une pénurie de cloisons et qu’il n’a pas non plus été créé uniquement pour rentabiliser l’espace des bureaux. Non, il existe beaucoup de théories qui prêtent à l’Open Space de nombreuses qualités :
Rapports directs entre les individus, pas d’intermédiaires, plus de transparence sur le travail de chacun, plus de transversalité, de partage, moins de hiérarchie, plus d’auto-gestion, etc…

Ne trouvez-vous pas que ces qualificatifs pourraient très bien décrire le concept d’entreprise 2.0 ? Partant de ce constat, je trouve très intéressant de comparer l’entreprise 2.0 à une entreprise en Open Space. En faisant cette analogie on va pouvoir mieux comprendre les freins, les atouts, les méthodes pour mettre en place une entreprise 2.0. Ainsi en cherchant un peu sur le web j’ai trouvé quelques conseils pour implanter un open space et j’ai essayé de les transposer dans l’entreprise 2.0 :
Les clefs du succès pour mettre en place un open space (et donc une E2)
- Il faut consulter les employés avant l’installation de l’open space et les impliquer dans la conception.
Pour l’E2 >> ça signifie qu’il faut prévenir les employés de l’organisation qui est en train d’être mise en place, et les inviter à réagir. Il faut prendre en compte leurs attentes, leurs besoins, leurs craintes. - Toute la hiérarchie doit être concernée par l’open space. Les cadres et grands patrons ne doivent pas échapper à cette organisation, ni un service spécifique.
Pour l’E2 >> ça signifie que tout le monde doit participer. Certains services ne peuvent pas continuer de fonctionner avec les e-mails pendant que les autres sont passés aux plateformes collaboratives. - Il faut trouver des solutions pour atténuer le bruit ambiant qui règne dans les open space.
Pour l’E2 >> le bruit ambiant dans le web 2.0, ce sont toutes ces micro-sollicitations (notifications de changement de status de ses contacts par exemple) qui peuvent vite devenir insupportables. Il faut donc absolument mettre en place des dispositifs pour filtrer le bruit ambiant et ainsi ne pas distraire le salarié. - Privilégier un réseau de plusieurs open space de taille raisonnable à un immense open space inhumain.
Pour l’E2 >> ça signifie qu’une stratégie d’E2 ne se résume pas à mettre en relation directe tous les employés de la société. La collaboration en masse doit passer par une organisation en groupe et sous-groupe. Collaborer et partager ne doit pas effacer complètement les frontières entre les services ni nier les fonctions de chacun. - Aménager des espace permettant aux employés de s’isoler, de retrouver un peu d’intimité
Pour l’E2 >> ça signifie que le salarié 2.0 doit avoir la possibilité de se “déconnecter” sans que cela ne le pénalise dans son travail ou vis-à-vis de sa hiérarchie. Il faut lui accorder des moments “déconnectés”.
Enfin il y a un point qui est très critiqué dans les open-space :
- L’open space crée du contrôle social. Les employés se surveillent mutuellement, chacun écoute les conversations des autres, bref la société s’auto-contrôle et les dirigeants n’ont plus besoin de le faire (enfin j’exagère là)
Pour l’E2 >> ce point négatif se transpose selon moi en un point positif pour l’E2, il s’agit de la modération. Dans une organisation classique, la validation de documents, le reporting, la détection d’erreurs passe toujours par un canal défini, dans l’E2, chacun participe à la création et à la validation et tout le monde modère tout le monde.
Voilà, j’arrête ici la comparaison mais je suis sûr que cette analogie recèle beaucoup de ressources pour expliquer l’E2, faire évoluer l’E2, trouver de nouveaux outils d’E2… etc.
Genouine a dit :
Je ressent un manque en lisant votre liste de points clefs. J’irais même jusqu’à penser que le point le plus important a été omis (bien qu’envisagé dans le point critiqué) car finalement tellement évident.
Comme vous le dites vous-même au début de votre article, la mise en place d’un Open Space est là pour favoriser les rapports entre collègues, limiter les intermédiaires, avoir plus de transparence sur le travail de chacun, plus de transversalité, de partage, moins de hiérarchie, plus d’auto-gestion, etc… Et dans l’absolue, c’est génial !
Sauf que pour mettre en place un méthode de travail comme celle-ci, il faut déjà que les collègues s’entendent entre eux, sinon l’effet produit va se trouver être l’effet inverse désiré : les points positifs de l’Open Space vont être litéralement écrasés par le poids du point critiqué que vous citez.
Vous dites aussi que ce point négatif est pour vous quelque chose de positif car il s’agit de modération. Oui, mais ceci n’est valable qu’à la seule condition où les collègues de travail s’entendent déjà correctement.
Lorsque l’ancien système de travail – souvent imposé par les patrons eux-même – était source de création de tensions sociales entre collègues, on ne peut malheureusement pas passer à l’Open Space comme ça. Certains patrons vont même jusqu’à continuer d’imposer les même règles de travail après la mise en place de l’Open Space.
L’Open Space n’est en faite que la partie visible de l’iceberg, la partie visible de la réorganisation du fonctionnement de travail. La partie immergé quand à elle, bien qu’on ne la voie pas au premier abord, est la plus importante ! Un changement de mentalité, un changement dans les relations.
Il ne peut pas y avoir de partie visible d’un iceberg sans partie immergé tout comme il ne peut pas y avoir d’Open Space réussi, si l’on en change pas d’abord les mentalités et les relations.
Stéphane L a dit :
Je sais bien qu’il est très d’actualité d’inventer des concepts et maintenant même de les versionner
Il n’en reste pas moins que l’openspace résout dans bien des cas moins de problème qu’il n’en crée.
Si l’on élude http://www.lopenspacematuer.com (très marrant le livre au passage), je comprends aisément les salariés qui souhaitent préserver “un tant soit peu” leur intimité au travail, et à titre personnel, je trouve pénible d’avoir du monde autour de moi quand j’ai des clients au téléphone.
Le faire-savoir n’est pas plus important que le savoir-faire
Fc2L a dit :
La lecture de cet article me laisse une impression mitigée.
Pour ma part, la lecture des qualificatifs me fait plutôt penser à la vision de l’entreprise “mieux” qui s’est développée dans ces dernières années, mais pas nécessairement à l’entreprise 2.0. Après, est-ce que cela convient à l’entreprise 2.0 ? Ceux qui la rejettent vous diront que non, et ceux qui la vénèrent, que oui…
Pour avoir travaillé jusqu’alors en divers open spaces, je suis relativement d’accord avec l’analogie, l’exemple de cisco me servant d’étalon pour la mise en place partielle de l’entreprise 2.0. Cependant quelques points me font réagir :
Concernant la hiérarchie, je suis d’accord pour dire qu’elle doit être impliquée, mais l’exemple analogue me semble mal choisi. Les courriels font partie de la communication, et doivent être intégrés au système, pas évincés. Sans quoi des solutions hors du contrôle des entreprises pourraient être utilisées par les employés rebelles au changement (ils utilisent des courriels chez eux, ils veulent en utiliser au boulot. si ils n’ont plus de boite pro, ils utiliseront la privée pour bosser). Du coup, pourquoi ne pas prendre simplement l’exemple d’un patron qui se laisserait “Taguer” par ses employés des qualificatifs qui le décrivent le mieux sur le réseau interne, sans demander les noms des contributeurs ?
Enfin, comme Genouine, je pense qu’on ne présente ici que la partie émergée de l’iceberg.
L’analogie ne donne ici que de bons tuyaux sur la façon d’intégrer les bonnes pratiques collaboratrices dans l’entreprise.
L’entreprise 2.0 ne signifie pas, selon moi, mettre en place une collaboration maximum entre les acteurs, mais bel et bien de mettre en place une organisation permettant à la fois cette collaboration, et fournissant une structure agile supportant un guidage stratégique par la base et une réactivité accrue.
L’analogie de l’open space est alors, je crois, toujours bonne, si ceux-ci sont bien conçus, et que l’organisation a suivi les mêmes changements.
Vincemobile a dit :
Cette analogie me fait plus penser au concept de “l’entreprise spaghetti” des starts-up en 2000 (type Spray).
Cette vision me semble un peu idyllique. Il y aura toujours besoin d’un minimum de hiérarchie, de règles. Il y aura toujours besoin d’une approche top/down, sauf qu’elle ne sera plus la seule.
L’entreprise 2.0, c’est une structure complexe capable de gérer à la fois une organisation en réseau + une organisation hiérarchique pour être plus agile et plus réactive face à un environnement turbulent.
FredRabian a dit :
Ca fait pas mal de temps que je suis votre implication dans le secteur avec presque toujours une grande satisfaction.
Mais là j’avoue ne pas suivre mais alors absolument pas vos arguments.
Déjà, le parallèle entre OPEN-SPACE ET E2 me parait réducteur.
L’E2 comme vous dites n’est pas uniquement une affaire de management des équipes et de performance.
Personnellement ayant travaillé dans des open-space j’ai aimé, en effet, la proximité des équipes interdisciplinaires, l’échange de compétence et la prise de conscience que chaque poste est complémentaire. De plus on évite les écueils du type “C’est pas mon job, va voir un tel” ou encore “les chefs de projets ça sert à rien” pour ne citer que quelques exemples.
Le point le plus négatif de mon expérience en open-space c’est avant tout la fatigue extrème engendrée. J’étais plus fatigué par cette promiscuité que par mon propre travail que j’avais d’ailleur de plus en plus de mal à effectuer par manque de concentration.
Question contrôle social, bah pour moi c’est, excuser moi l’expression, à gerber !!! Quand tu quittes ton poste vers 19h et que tu entends des réflexions du genre “Tu me raconteras Santa Barbara”…
Que dire de plus !!!
Tandis que ces mêmes auteurs de réflexions passe leur journée au babyfoot et leur soirée/nuit dans leur open-space…
Vous parlez de modération dans le cadre de contrôle social… laissez moi rire un instant, enfin rire jaune, parce que là c’est OUI OUI qui rencontre les télétubbies, casimir et les bisounours
Je ne vais pas m’etendre plus sur ce billet qui me parais à coté de la plaque.
En bref, Entreprise 2.0 et Open-space c’est deux sujet bien distinct et en aucun cas l’un est un pillier de l’autre.
Merci de votre attention,
Amicalement
Fred.
Laurent Assouad a dit :
Je me doutais bien qu’en abordant le sujet très controversé de l’open space, j’obtiendrai de vives réactions.
Mais je tiens à préciser que mon billet ne fait absolument pas l’apologie de l’open space. Je suis simplement parti du constat que l’open space avait quelques similitudes avec l’E2. Et j’ai essayé de voir où pouvait nous mener cette analogie.
Comme toute analogie, elle a ses limites et elle est tout-à-fait critiquable.
Dans mon métier, j’utilise souvent l’analogie comme technique créative (http://www.laurent.assouad.com/onscreen/2008/09/lanalogie-technique-creative/) et je voulais voir ce que ça pouvait donner pour l’E2.
AlexIT a dit :
Bonjour,
Votre analogie ne manque pas de pertinence, d’autant que comme vous le rappelez, cet exercice a par nature des limites.
J’ajouterais cependant deux éléments.
En premier lieu, ayant pratiqué également des open space, j’ajouterais quelques remarques :
- L’open space permet de pratiquer des expérimentations car il est plus facile de réorganiser légèrement un open space que des bureaux classiques.
- L’open space peut être utilisé pour « gérer » des incompatibilités. J’ai placé côte à côte dans un open space deux personnes qui ne se supportaient pas l’une l’autre dans des bureaux isolés et …. Ils ont fini par se parler et collaborer (mot magique) sur certains dossiers. L’open space a un effet diluant qui peut s’avérer pratique.
- Les open space empiètent sur la sphère intime des collaborateurs (toujours vus, toujours entendus, toujours contraints de voir et d’entendre) et les aménagements collectifs (salles de réunions, bureaux de passage,…) et individuels (lecteurs mp3, casques pour téléphoner,…) n’atténuent que peu ce problème.
En second lieu, il convient lors de la transposition à l’E2, de garder à l’esprit le caractère virtuel de l’environnement de l’E2, qui ajoute des dimensions à ce concept d’open space et qui donc lui procure la souplesse qui manque tant. En effet, les environnements 2.0 favorisant le travail collaboratif permettent selon moi de pallier aux limites de nos open space matériels.
L’actualité des mes autres blogs (Mars 2009) | MKT planet - News Web Marketing - Nouvelles Technologies a dit :
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