Scandale cette semaine avec la parution d’un article sur le blog Read/Write Web : R.I.P. Enterprise RSS. L’auteur y explique que les technologies RSS n’ont pas réussies leur passage d’entrée pour les usages d’entreprise (l’auteur a rectifié sa position depuis la publication de l’article). Plutôt que de commenter l’article je vous propose d’étudier les différents scénarios d’usage de RSS dans un contexte d’entreprise.
Précisons qu’il s’agit bien là du format RSS, au sens “flux de donnes”, plutôt que de la technologie RSS en elle-même qui se révèle plutôt limitée vis à vis de concurrents comme Atom.
Nous pouvons tout d’abord scinder en deux les usages en fonction de la cible : pour les collaborateurs et pour le système d’information (les applications). Ce sont deux contextes séparés où peuvent cohabiter deux technologies différentes puisque ces types de flux ne sont à priori pas amené à se croiser.
RSS pour les collaborateurs : une veille collaborative et cumulative
La veille est très certainement le contexte d’usage le plus approprié aux flux RSS. Simples et légers les flux de données sont très faciles à déployer au sein d’une entreprise. Mais là où un utilisateur se contente de “consommer” les flux (rien n’est stocké), dans un contexte d’entreprise il serait plus judicieux de conserver les flux pour exploitation ultérieure.
L’idée serait alors de capter tous les flux entrants (pour limiter la consommation de bande passante) et d’y injecter une touche collaborative pour pouvoir surveiller l’usage que les collaborateurs en font : plus il y a d’inscrits à un flux et plus celui-ci présente un intérêt. Nous pourrions ainsi imaginer un système d’analyse d’audience interne qui pourrait identifier les sujets critiques et les informations entrantes à valeur ajoutée.
Couplé à un outils de bookmark collaboratif et à un système de recommandation, cette veille mutualisée présenterait d’autant plus de valeur : la fonction de veille n’est plus isolée au niveau des individus mais partagée entre les collaborateurs. Stocker les billets pourrait également présenter un intérêt, d’une part pour s’assurer de la disponibilité des informations (si jamais l’auteur de billet le met hors ligne) et d’autre part pour plus de discrétion (un concurrent pourrait devenir méfiant à l’idée que X personnes d’une même société s’intéresse de près à ce qu’il rédige).
Bien évidemment tout ceci nécessite le recours à des outils adaptés : soit une fonction intégrée au portail d’entreprise ou à l’intranet, soit un lecteur de flux d’entreprise comme Newsgator (dont le patron a réigé un billet en réponse à celui précédement cité : Enterprise RSS at NewsGator is Alive and Well).
RSS pour les applications : Flexibilité et modularité
Concernant les flux de données entre applications, là encore c’est la praticité de ce format qui en fait la valeur : idéal pour récupérer de l’info publié sur un intranet et le re-publier sur le portail d’entreprise. L’avantage est de pouvoir faire abstraction des outils de gestion de contenu utilisés et de pouvoir mettre en place ce système de re-publication sans trop de complications.
Dans un environnement plus critique (applications métier), les flux de données se révèlent également particulièrement performant. Ceci est d’autant plus vrai avec les flux reposant sur un format spécifiquement adapté aux contraintes des données (par extension des balises descriptives). Car n’oublions pas que RSS et des langages structurés comme BPML partagent une racine commune : le XML.
Bref, les possibilités d’usage du RSS en entreprise sont nombreuses et nous ne sommes qu’au début. De part leur nature très flexible et extensible les flux de données vont pouvoir évoluer en même temps que les besoins / habitudes des collaborateurs. Et n’oublions pas que les flux RSS sont des candidats idéals pour initier les collaborateurs à une approche plus “agile” de la gestion de l’information en entreprise.